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Mohamed El Ouahdoudi : « Arrêtons donc de fantasmer sur les délocalisations »

Bookmark and Share 21/12/2012
Mohamed El Ouahdoudi, président du SICCAM, et observateur attentif du secteur centre d'appels au Maroc depuis plus de 10 ans, a souhaité réagir contre les critiques déversées suite à la polémique provoquée par le prêt de 150 millions d'euros octroyé à un organisme du royaume chérifien.

Le prêt français pour Medz
Il est tout simplement scandaleux de mentir aux lecteurs français quand on lit dans la presse que le gouvernement Hollande finance les centres d’appels au Maroc. C’est une insulte à l’intelligence des citoyens que de penser que le gouvernement Hollande distribue de l’argent aux centres d’appels au Maroc. A moins de considérer que les centres culturels français, les lycées français du Maroc encouragent la délocalisation des centres d’appels au motif qu’ils apprennent le français aux jeunes Marocains ?
Le prêt accordé à la filiale de la Caisse des dépôts et consignation du Maroc, Medz, concerne les parcs que celle-ci construit dans tout le pays : des agro pôles comme celle de Meknès (Agropolis), et des parcs technologiques comme Casanearshore, qui sont dédiés aux entreprises technologiques de tous types, les centres d’appels constituant un de leurs locataires. Prétendre qu’en accordant un prêt à une institution financière marocaine, on finance les centres d’appels, cela revient à dire que Air France transporte des patrons français qui délocalisent, et qu’il faudra donc dresser des listes de passagers à qui il faudra interdire l’avion ! Au passage, je défie Le Parisien de trouver une seule position de Free à Casanearshore, les centres d’appels français les plus importants ont construit leur propres bâtiments, qui sont connectés au reste des bâtiment en France et en Europe, formant des réseaux fonctionnant H/24.
Et si on commençait à calculer les millions d’euros que les SSII françaises facturent au Maroc, et au Maghreb en général, et qui emploient des centaines d’informaticiens en France ? Un seul chiffre à retenir : le commerce France-Maroc, et France-Maghreb marque un excédent au profit de …la France et ce depuis plus de cinquante ans !

Casanearshore, de quoi parle-t-on ?
Les parcs technologiques au Maroc accueillent des sociétés informatiques, des centres d’appels, des entreprises de service de tous types, qui travaillent aussi bien pour l’offshore européen et mondial, comme Dell qui gère à partir de Casablanca des dizaines de pays, et qui est le principal locataire de Casanearshore. Les sociétés françaises qui opèrent dans les parcs marocains travaillent tout autant pour les marchés français que pour d’autres marchés, y compris ceux du Maroc. Arrêtons donc de fantasmer sur les délocalisations, les études économiques les plus sérieuses ont démontré que pour 10 € produits par une société française au Maroc, 8 € remontent en France !

Manuel Jacquinet, la girouette sympathique
En bon blogueur polémiste, Manuel Jacquinet cherche à présent à surfer sur la vague qu’Arnaud Montebourg a soulevée et qui est retombée toute seule. Au SICCAM de 2004, le même Manuel Jacquinet écrivait, alors que personne ne le lui demandait : « Vive les délocalisations ! » et reprenait le même refrain dans une des conférences du SICCAM.

Co-localisation, de quoi parle-t-on ?
Lors de sa dernière visite au Maroc, le premier ministre a dessiné les contours de l’approche française des échanges économiques entre les deux pays : la co-localisation ! Une façon de résumer l’état d’esprit des entrepreneurs des deux rives : entreprendre ici et là bas, créer des richesses et des emplois des deux côtés. Deux centres d’appels marocains ont réalisé des acquisitions en France, ont sauvé des emploi et les développent ; un troisième centre d’appels marocain réalisera une opération identique courant 2013, sans oublier les milliers d’emplois que les outsourceurs français installés au Maroc ont déjà créé en France.

Au SICCAM 2013 en mai prochain, nous préparons une grande rencontre qui ouvrira de nouvelles perspectives internationales, et pas seulement hexagonales, aux métiers des centres d’appels. En conjuguant les intelligences des deux pays, on créée des marchés nouveaux, et ainsi les centres d’appels donnent l’exemple d’une belle réussite économique et sociale de deux pays qui se font confiance.
Pour finir, un prêt est un montant qu’on rembourse avec les intérêts : le gouvernement Ayrault ne distribue pas de l’argent au Maroc ! Bien au contraire, il faudrait regarder de près les primes à la localisation dans les régions françaises versées à des entreprises qui ferment aussitôt que ces primes sont consommées.

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